Réunion du samedi
03/04/04.
Trois sujets ont
été discutés :
la
notion de T régulateurs.
l’augmentation
d’activité des désaturases (delta 6 surtout transformant acide
linoléique LA en acide gammalinolénique GLA).
les
particularités et les raisons d’une individualisation de la
prévention.
T régulateurs :
Ils ont été
individualisés depuis quelques années et on distingue actuellement
trois «familles» :
-les Tr qui
sécrètent des quantités importantes d’IL10 et qui jouent un rôle
anti-inflammatoire capital au niveau de la muqueuse intestinale et
dans des allergies non Th 2 avec déficit en IL 10.
-les Th 3 qui
pour l’instant sont mal connus.
-Les CD4+CD25+,
CD25 étant la chaîne
a
du récepteur de l’IL2 exprimée ici de manière constitutive. Ils sont
d’origine thymique, sont spécifiques d’auto-antigènes exprimés dans le
thymus et capables d’inhiber le déclenchement de maladies auto immunes
chez l’animal.
Ils ne
produisent pas d’IL10 et leur activité suppressive dépend de
l’engagement de leur TCR reconnaissant l’auto-antigène.
Augmentation
d’activité des
D6
désaturases (surtout) :
On l’évoque
moins souvent que leur déficit : carences en Mg, Fe… stress,
hyperthyroïdie, virus, alcool, vieillissement, insuline….
Cette
augmentation est classique en cas d’inflammation (explication
finaliste par l’augmentation des besoins), d’intolérance aux glucides,
de syndrome métabolique, mais se rencontre aussi dans d’autres cas :
cas
d’une femme de 50 ans depuis plusieurs années sous Lutéran pour
ménométrorrhagies et présentant des arthrites débutantes des doigts :
régression bio-clinique après arrêt du Lutéran.
cas
d’un homme de 65 ans ayant eu un lymphome il y a 16 ans avec
autogreffe il y a 9 ans avec traitement ultérieur par saignées (ferritine
à 5000) .
cas
d’une femme de 65 ans : dystonie neurovégétative+++, IMC 18 avec
«absence» de masse grasse, avec très probable «allergie» à certains
gram- de sa flore : Ac à 10 pour Morgagnella, à 4 pour pseudomonas
putida.
La médecine
préventive individualisée :
Comme toute
médecine, elle se pratique en 2 temps :
-diagnostic mais
ici il s’agit de diagnostic prévisionnel s’appuyant sur une biologie
clinique (c’est à dire cliniquement utilisable et interprétable),
évaluation d’un état de santé, de ses déséquilibres et des risques
qu’ils entraînent.
-thérapeutique
si utile.
Toutefois la
position du patient vis à vis de lui même y est très nouvelle :
-habituellement
sa plainte est le symbole de la perception émotive de son mal être
corporel.
-une démarche
préventive nécessite la prise de conscience réfléchie d’un état de mal
être potentiel.
Et sans doute
n’est t’il pas évident ni certain qu’on puisse faire basculer un
patient d’un état à l’autre au cours de consultations centrées sur la
plainte initiale.
Ce qui soulève
la deuxième spécificité de la stratégie préventive :
elle vise des
risques potentiels individuels dans les 2 à 10-15 ans qui suivent.
A l’échelle de
cet individu elle n’aura donc de traduction objective que si elle
faillit ! Soit par échec de la stratégie préventive médecin – patient,
soit par non prise en compte du diagnostic prévisionnel.
Il faut surtout
expliquer la nécessité d’individualiser la prévention pour ne pas en
rester au stade de la stratégie de santé publique ou de l’évaluation
des groupes à risque ou on applique en fait une thérapie (la seule
exception étant la prévention alimentaire, qui n’est pas une thérapie
!).
Cette nécessité
vient tout simplement du fait que la réponse à la mise en place des
choix préventifs va dépendre de l’état initial de l’individu,
aboutissement de son histoire, c’est à dire des liens tissés avec son
environnement actuel et passé.
Prévenir demande
donc d’évaluer cet état individualisé, car c’est lui qui va spécifier
la réponse et non pas l’état local d’un organe ou d’un système
biologique prédestinés à cette réponse.