Données récentes
sur l’expression aléatoire des gènes et son rôle dans la
différenciation cellulaire.
D’après un exposé d’ Andras Paldi , chercheur Généthon
Evry, Prof à l’école des Hautes Études, du 10/03/04 à l’ École Normale
Supérieure.
A.Paldi «Stochastic gene expression during cell differenciation: order
from disorder?» Cellular and molecular Life Sciences vol 60 n°9 sept
2003 p 1775-78
Il faut tout d’abord rappeler que la notion de
différenciation cellulaire est synonyme de l’allumage de
certains gènes et de l’extinction d’autres.
Le modèle actuel du
gène :
la partie porteuse de l’information composée d’exons et
d’introns,
qui doit être traduite par l’ADN polymérase,
qui doit elle même être activée suite à la fixation d’un
certains nombres de facteurs de transcription sur des zones
régulatrices (enhancers et silencers) dont certaines sont très
éloignées du «gène».
Ainsi par exemple actuellement on arrive à un conglomérat
de 70 à 80 facteurs de transcription (pour la plupart non
spécifiques)... pour arriver à une traduction spécifique d’un gène.
Par ailleurs l’ADN est emballé dans la chromatine,
constituée d’histones (protéines) et dont l’unité structurelle est le
nucléosome. Les histones sont phosphorylées, acétylées, méthylées,
ubiquitinylées etc……
Il est absolument
reconnu
que la condition sine qua non de la traduction d’un gène est un
changement de conformation de la chromatine qui passe de l’état d’hétérochromatine
à celui d’euchromatine, sinon l’ADN n’est pas accessible à la
transcription.
Mais le mécanisme de ce changement qui ne peut donc pas
être lié à l’activité de lecture du gène n’est pas connu et on se
retrouve devant la situation habituelle «l’oeuf avant la poule ou la
poule avant l’œuf?».
Données
expérimentales sur l’activation d’un couple de gènes dans lequel pour
l’un c’est l’allèle maternel qui est actif et pour l’autre c’est
l’allèle paternel :
(L’activation est
repérée par des marqueurs fluorescents)
En dépit du fait que, moyennant des conditions adéquates,
le résultat final est déterminé et constant, l’étude dynamique
du processus montre que dans une population cellulaire
suffisante tous les cas de figure d’activation surviennent (9) et que
tout se passe comme si chacun de ces cas avait une probabilité de
survenue déterminée par les conditions expérimentales (cohérence des
résultats calculés avec les données d’expériences).
Ainsi il apparaît que le résultat final de la
différenciation pourrait être en fait la stabilisation finale d’un
processus dynamique d’une activation aléatoire (variable
selon les conditions) au sein d’une population cellulaire.
En plus du passage statique/dynamique, cellule
unique/population, il faut aussi évoquer l’intervention dans cette
stabilisation du changement de niveau : chimique/moléculaire
vers biologique/cellulaire.
Pourquoi cette
stabilisation ?
Des travaux en cours lient les phénomènes d’épigenèse et
donc de différenciation avec le métabolisme cellulaire et les
quantités de molécules (de petite taille contrairement aux
macromolécules) qu’il produit, ainsi notamment l’acétyl CoA, le NADH,
l’ATP, les radicaux méthylés…… ce qui nous ramène à l’état de la
chromatine et des histones !
Ainsi par exemple il est bien connu que dans une réaction
enzymatique, ce qui limite son efficacité c’est surtout la quantité
des substrats (petites molécules) et peu la quantité d’enzymes
(macromolécules).