LE GENÔME ,un système parmi les autres
dont les significations profondes restent à découvrir
1- A la suite de la découverte du
code génétique, de son rôle universel, et des technologies de décryptage de ce
génome, la conception de la description du monde vivant a peu à peu été réduite
à un dialogue : dialogue entre les gènes et l’environnement, réduisant ainsi le monde
intérieur et donc la cellule et sa physiologie, à son génome.
2- Il est de bon sens de
s’en tenir aux propriétés initiales du système génétique :
cryptage
de l’information cellulaire.
reproduction de cette information.
Rester à ce niveau descriptif évite de lui conférer des qualités qui sont
en fait plus apparentes que prouvées !
3- Théodore DOBZHANSKY a
dit : «Tout doit s’expliquer à la lumière de l’évolution.»…… mais qu’est ce
que l’évolution ?
Elle est souvent confondue avec la sélection !
L’évolution est la conséquence de la sélection
…….d’objets bio-physico-chimiques qui apparaissent en raison d’un phénomène
continu depuis la nuit des temps: une organisation dynamique de l’espace.
Les cristaux de glace en sont un exemple.
Cette dynamique est la conséquence :
des mouvements de diffusion de matière (et d’énergie) dans l’espace.
de la création de liens (interactions) (brisures de symétries) entre
ces éléments matériels.
de la stabilisation de ces liens par la sélection .
4-
Parmi les objets qui
sont apparus :
les Acides aminés puis les protéines.
Les Acides gras, puis les membranes et leurs interactions avec le
génome.
Les sucres ou plus
précisément les oses (trioses puis pentoses comme le ribose, hexoses comme
le glucose) à la base du métabolisme énergétique (beaucoup plus dans le
monde végétal).
Les Acides nucléiques puis les ARN et ensuite les ADN.
Les Stéroïdes (Vit D, rétinoïdes, hormones)
dont le cholestérol issu de la polymérisation des motifs de type isoprène
qu'on retrouve dans son métabolisme et dans les terpènes des membranes
végétales; puis leur interaction avec le système génétique.
5- La cellule
correspond à un niveau d’intégration ultérieur (notion de complexité) de ces
objets moléculaires, niveau qui correspond au passage d’un état physico-chimique
à celui bio-physico-chimique : le Vivant.
Les objets vivants émergent du non vivant mais n’ont pas de lois
physico-chimiques particulières.
6- Cette
description historique permet de concevoir une cellule comme le lieu (état
stationnaire d’un système dynamique non isolé) de l’interaction en boucle
entre 3 systèmes principaux :
Les membranes (et donc le monde des lipides) et les autres organites
cellulaires comme transition avec le monde extérieur.
Le cytoplasme contenant les protéines regroupées d’ailleurs en des
familles analogiques, qui par une fonction enzymatique très fréquente vont
être dynamiquement en relation avec d’autres sous systèmes particuliers,
par exemple Acides gras et Stéroïdes.
Les ARN- ADN.
Et dans cette unité intégrée qu’est la cellule, le rôle des gènes est
de traduire et de reproduire qualitativement mais surtout quantitativement l’information, mais ils ne peuvent imposer cette information ne serait ce qu’en raison de
leur dépendance en matériaux : l’information n’est rien sans la
matière qui la transporte.

7- L’aspect
quantitatif du génome (la science c’est la mesure) est trop peu explicité au
dépend de son aspect qualitatif, ses «mutations».

Pourtant la traduction d’une mutation n’a nécessairement pour
conséquence qu’une variation quantitative (en + ou – , de l’auto-amplification
retrouvée dans les phénomènes de cancérisation jusqu’ aux mutations non
sens.)
Cette variation pouvant se situer :
soit in situ dans la traduction quantitative du gène,
soit au niveau de la modification quantitative de la réaction
physico-chimique dans laquelle est impliquée la protéine correspondante,
qualitativement modifiée.
8- Vu ces 2 aspects,
traduction quantitative et absence d’impérialisme du génome, se profilent de
nouvelles possibilités :
la reproduction d’un profil quantitatif identique en l’absence de
toute mutation suite à des stress (contraintes) environnementaux ou
cytoplasmiques. Il s’agit des phénocopies .
mieux encore, la correction quantitative d’une mutation (qui est
alors silencieuse voire méconnue) par une adaptation cytoplasmique et/ou
une adaptation vis à vis de la gestion d’un stress environnemental.
9 - La cellule
est une unité intégrée et dynamique de systèmes en interrelation, qui
peuvent être regroupés en 3 genres principaux .
les organites cellulaires
qui sont des superstructures témoins du rôle joué par la symbiose (endocytose
ou « digestion ») dans l’ évolution et qui à ce titre jouent le rôle
d’interfaces avec le milieu externe (l’intérieur de ces organites peut d’ailleurs être considéré
comme du milieu extracellulaire).
Ce sont également des exemples typiques des phénomènes d’auto
organisation à un niveau chimique de base : mitochondries, chloroplastes, structures membranaires diverses :
externe, nucléaire, REL, Golgi ; peroxysomes, cytosquelette,
microtubules…..
les
macromolécules ADN et ARN t, ARN m.
les
réactions chimiques, dans lesquelles interviennent le plus souvent des
enzymes, qui ont lieu dans le cytoplasme.
Pour comprendre la dynamique de ce réseau,
cinq phénomènes sont trop souvent méconnus :
le rôle de la diffusion aléatoire des molécules
essentiellement dans la communication intercellulaire, car au niveau
cellulaire, la diversité des molécules, leur très grande taille pour les
macromolécules et donc le faible nombre relatif de chaque entité
particulière par rapport au nombre d'Avogadro 10 puissance 23, font jouer un
plus grand rôle à leur topographie qu'à leurs propriétés thermodynamiques.
leur durée de vie.
la cinétique des réactions chimiques qui de plus est celle de
réactions survenant à distance de l’équilibre (système non isolé)
avec leurs caractéristiques de
multistabilité et de bifurcations (points
critiques).
les caractéristiques physico-chimiques des interfaces (notion de
fractales).
et surtout a été oubliée
l’absence de spécificité primaire des
interactions moléculaires : en effet si dans les conditions ordinaires
in vivo extrapolées de celles in vitro (quantités de molécules
«spécifiques adéquates», spécificités enzymatiques non
altérées), la stéréo spécificité apparaît de fait, rien ne
permet de croire qu’elle puisse être maintenue quel que soit l’écart
par rapport à ces conditions et au contraire les nombreuses redondances ou
suppléances existant à l’échelon cellulaire laissent supposer tout le
contraire ! (JJ Kupiec et P Sonigo
: Ni dieu ni gène Pour une autre théorie de l’hérédité; Col Science ouverte
; Editions du Seuil ; nov 2000)
Ces phénomènes dynamiques permettent d'envisager l’existence de
bifurcation en certains points du réseau d’interaction intracellulaire en
fonction de l’état du réseau à distance (parfois importante) de ces
points.
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