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Pourquoi les valeurs de référence fonctionnelle ?

 

La prévention en tant que méthode à part entière (une « spécialité » !) n’émergera pas tant qu’elle n’ aura pas ses propres concepts (à vrai dire rares ou plutôt désuets dans la pratique médicale curative ).

La médecine actuelle ne conceptualise que deux états : santé (absence de maladie) et maladie, la santé s’obtenant par la disparition curative de la maladie. Cette conception implicite a des conséquences énormes sur la pratique et la recherche médicale comme en témoigne récemment un article de Actualités Innovations Médecine (105 juin 2005) «La CRP : acteur ou témoin du risque cardiovasculaire ?», je cite «De la distinction entre marqueur et facteur (acteur) dépendra l’investissement scientifique et industriel dans la recherche d’une éventuelle thérapeutique visant la CRP». Ainsi, si l’article démontre bien que la CRP est un témoin ( du rôle de l’inflammation comme facteur de risque vasculaire ), plutôt que de penser les mécanismes et les origines de cette inflammation infra clinique…..la préoccupation essentielle va être de savoir si il y a un espoir de développement industriel d’un « anti CRP » , c'est-à-dire l’application d’une stratégie curative……dans un contexte de prévention !

La biologie n’échappe donc pas à ce mode binaire de raisonnement avec des valeurs de référence déterminant la limite au delà ou en deçà de laquelle débutent la maladie et son traitement. Si ce mode binaire est en train de se complexifier comme en témoignent les récentes valeurs de références du LDL chol modulées en fonction d’une évaluation partielle du risque vasculaire…….les 20 ans d’études statistiques nécessaires montrent les limites économiques et de l’efficacité d’une telle approche.

La notion de transition ou de solution de continuité, classique dans les Sciences de la matière, est l’équivalent de celle de phénotype intermédiaire, terme utilisé en génétique et en épidémiologie pour définir des marqueurs quantitativement corrélés à un risque de maladie. D’un manière plus générale on peut définir le phénotype intermédiaire comme un troisième état, celui de transition ente la santé et la maladie.

Le phénotype intermédiaire est le terrain d’action de la prévention mais tout reste à faire: définir la méthode et les critères de cette prévention. Les valeurs de référence fonctionnelle définissent les bornes au delà ou en deçà desquelles on entre dans le phénotype intermédiaire.

 

Médecine Sciences vol 14 déc 98 : Génétique et psychiatrie : à la recherche de phénotypes F Bellivier M Nosten-Bertrand M Leboyer
Médecine Sciences vol 17 nov 2001 : Dissection génétique des maladies à hérédité complexe D Campion
NAFAS vol 1 n° 1 mars 2003 : Nutrition et maladies de civilisation, mythes et réalités P Meneton
 

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